Comment aider mon enfant à écrire sans douleur?

L’écriture est une compétence essentielle, mais pour certains enfants, elle peut devenir une source de douleur et de frustration. Si votre enfant se plaint de douleurs en écrivant, qu’il fatigue rapidement ou qu’il évite l’écriture, il est important d’agir afin de l’aider à retrouver du confort et de plaisir dans cet apprentissage.

  1. Identifier l’origine de la douleur:
  2. Adopter une bonne posture:
  3. Corriger la tenue du crayon:
  4. Renforcer la motricité fine:
  5. Introduire des pauses et des exercices de détente:
  6. Adapter l’écriture si nécessaire:
  7. Consulter un professionnel si besoin:
  8. Conclusion:

1. Identifier l’origine de la douleur:

Avant de proposer des solutions, il est essentiel de comprendre que plusieurs facteurs peuvent entrainer une douleur :

1. Une mauvaise posture comme un dos vouté, des épaules crispées ou une mauvaise hauteur de table. Tout cela peut créer des tensions musculaires.

2. Une mauvaise prise en main du crayon, effectivement, une prise trop serrée ou un positionnement inadéquat des doigts fatigue la main.

3. Un tonus musculaire inadapté lié à un manque de force, ou au contraire, à une crispation excessive peut rendre l’écriture pénible.

4. Des difficultés motrices ou un trouble de l’écriture, en cas de douleur récurrentes, envahissantes et handicapant la vie quotidienne, il peut être intéressant d’avoir l’avis d’un professionnel.

Nous allons étayer chacun des points ci-dessus.

2. Adopter une bonne posture:

La hauteur de la table a son importance: les pieds doivent reposer au sol, les avant-bras posés sur la table.

Le positionnement du papier: il doit être légèrement tourné en direction du bras qui écrit. A gauche pour les gauchers, à droite pour les droitiers. Ce qui est important c’est que le membre dominant doit être parallèle au bord de la feuille.

Les membres supérieurs doivent être détendu pour éviter les crispations et ainsi ralentir la fatigue ressentie lors du passage à l’écrit.

3. Corriger la tenue du crayon:

La tenue tri-digitale (crayon tenu entre le pouce, l’index et le majeur) est recommandée, bien que la tenue quadri-digitale est également convenable (crayon tenu entre le pouce, l’index, le majeur et soutenu par l’annulaire).

Etre attentif à la force que l’on exerce sur son stylo. Pour aider à ne pas trop enserrer, des manchons ou des stylos ergonomiques existent. Privilégier également des stylos légers pour diminuer la fatigue (voir cet article: https://graphodys.net/2024/12/10/comment-bien-choisir-son-stylo-pour-les-enfants-dysgraphiques/)

4. Renforcer la motricité fine:

Certaines activités renforcent la dextérité et soulagent l’écriture, comme la pâte à modeler, graphisme en peinture, sable kinétic, coloriage, découpage….).

L’écriture cursive repose en grande partie sur la motricité fine et circulaire, il est alors utile de proposer à l’enfant des activités qui favorisent le geste et les arrondis, de façon souple et fluide. Tracer des spirales, des boucles, des cercles et tout autre forme de pré graphie, sur grand format (tableau ou au mur), puis en réduisant la taille du support. Cela permet de mobiliser les muscles du bras sans crispation et de préparer le geste graphique en douceur, tout en limitant les tensions inutiles.

5. Introduire des pauses et des exercices de détente:

L’écriture est une activité exigeante sur le plan moteur et cognitif, surtout pour un enfant en difficulté. Pour éviter la fatigue et les douleurs, il est essentiel de respecter des temps de pause réguliers. Ces moments de relâchement permettent aux membres sollicités (main, doigts, poignet, bras, épaules) de se détendre et à l’enfant de maximiser sa concentration.

Ces pauses ne doivent pas être forcement longues pour être efficace. Une à deux minutes de pauses toutes les 15 minutes d’écriture suffisent généralement. Cela peut être un moment propice pour effectuer des exercices de détente simples : secouer les mains, rouler les épaules vers l’avant puis vers l’arrière, faire des cercles avec les poignets ou encore faire des automassages au niveau de la paume de main et des étirements légers des doigts.

En instaurant des temps de récupération, l’enfant apprend à mieux écouter son corps, à gérer son effort dans la durée et à associer l’écriture à une expérience plus sereine.

6. Adapter l’écriture si nécessaire:

Si malgré ces ajustements, l’écriture reste douloureuse, il est possible d’adapter le matériel:

-En utilisant un support incliné.

-En écrivant sur du papier avec des lignes bien marquées: (type Gurvan):

(Type Robin):

-En alternant écriture et clavier dans certains cas pour soulager l’enfant durant les devoirs.

7. Consulter un professionnel si besoin:

Si les douleurs persistent malgré les adaptations, un bilan graphomoteur avec suivi en graphothérapie peut-être bénéfique. Un ergothérapeute, orthoptiste ou orthophoniste peuvent être de bonnes pistes à explorer.

Conclusion:

L’écriture ne devrait jamais être une source de souffrance. Lorsque cela devient douloureux, il y a des conséquences sur les apprentissages, mais aussi sur l’estime de soi et du plaisir d’apprendre. En agissant sur plusieurs leviers comme, la posture, le matériel, la motricité, la qualité du geste, les pauses et la détente, il est possible de transformer progressivement son rapport à l’écrit. Ce chemin demande de la patience, de l’observation et une écoute attentive de ses besoins corporels et émotionnels.

Aucune difficulté, aucun obstacle n’est figé. En adaptant les outils, en respectant le rythme et en valorisant ses progrès, petits ou grands, nous pouvons aider les enfants à retrouver du plaisir, de la fluidité et le pouvoir d’exprimer sa pensée sans douleur. Car derrière chaque trace écrite libre et sans contrainte, c’est un enfant qui se sent plus confiant et maitre de son corps.

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