Pourquoi mon enfant refuse d’écrire?

Comprendre et surmonter les blocages

L’écriture, en apparence simple, est en réalité un acte complexe. Elle mobilise à la fois la motricité fine, la mémoire, la planification, l’attention, l’organisation spatiale mais aussi la confiance. Quand un enfant refuse d’écrire, ce n’est pas un caprice, il faut voir cela plutôt comme un signal. Connaître ce qui se cache derrière ce refus est la première étape pour accompagner l’enfant avec douceur et efficacité.

1. Le refus d’écrire est un comportement fréquent:

Il est possible d’observer ce genre de comportement au quotidien:

-Il dit que c’est nul.

-Il s’épuise au bout de quelques lignes.

-Il pleure dès qu’il faut écrire.

Derrière ces situations se cachent différents types de blocages, à la fois cognitifs, sensoriels, émotionnels ou moteurs. Chaque enfant a sa propre histoire, ses propres ressources, ses fragilités aussi.

2. Quels sont les blocages possibles derrière ce refus?

Nous avons tout d’abord des troubles spécifiques des apprentissages, appelés aussi « dys ». Nous retrouvons dans ces troubles, la dysgraphie (troubles de l’écriture, lenteur, illisibilité, douleurs…). La dyslexie (avec ce trouble lire pour écrire devient pénible, les erreurs se multiplient…). La dyspraxie (difficulté à planifier les gestes, à former les lettres, à gérer l’espace sur la feuille. Le TDA/H (déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, provoquant une difficulté à rester concentré pour écrire longtemps).

. Ces troubles génèrent un effort cognitif énorme, souvent invisible aux yeux des adultes. Il peut y avoir des douleurs physiques ou une mauvaise posture, comme une tenue de stylo inappropriée, une fatigue musculaire, une crispation excessive de la main ou du bras et des maux de tête au cours du travail…

un matériel inadapté peut également jouer un rôle, si la chaise est trop haute, la table mal ajustée ou un éclairage insuffisant…tout cela peut venir influencer l’ergonomie de travail.

. Quand l’acte d’écrire devient physiquement douloureux, l’enfant aura alors tendance à rejeter l’écriture. Cela est dû à un manque de confiance ou une anxiété de performance. L’enfant aura l’impression de faire moins bien que les autres, et pourra avoir également l’angoisse des remarques ou faire des ratures. Il sera dans l’évitement pour ne pas être confronté à l’échec.

. Le refus devient une stratégie de protection, un évitement face à l’échec redouté. Ces blocages peuvent naître suite à un apprentissage trop rapide ou trop tôt, sans consolidation préalable des gestes de base. Dans ce contexte l’enfant n’a pas eu le temps d’automatiser le mouvement graphique avant qu’on exige de lui : vitesse et orthographe. Il aura tendance à se décourager parce que la marche est trop haute pour lui.

3. Comment aider un enfant à surmonter ce blocage?

Il est important d’éviter la punition ou de le forcer car cela peut empirer la situation et enraciner le problème. J’encourage plutôt à chercher l’origine du problème. Un bilan graphomoteur peut aider à évaluer la posture, la tenue du crayon, l’automatisation, la lisibilité, la fluidité…Un bilan orthophonique ou en neuropsychologie si on suspecte un trouble sous-jacent. Un dialogue avec l’enseignant(e) pour voir ce qui se passe en classe.

. Mettre en place des adaptations concrètes peut s’avérer utile, en permettant à l’enfant d’écrire en capitale ou au clavier temporairement. Un temps de copie réduit. Des feuilles lignées adaptées, un guide doigt, ou encore des supports visuels. Valoriser les efforts plutôt que les résultats est un outil essentiel de sa réussite.

. Accompagner en douceur avec la graphothérapie. Cette approche est douce, ciblée et progressive pour réconcilier l’enfant avec l’écriture. Elle permet:

-De travailler la motricité fine, la posture, la tenue de l’outil.

-De redonner confiance dans le geste d’écrire.

-D’amener progressivement plus de fluidité, moins de douleurs, plus de plaisir.

On reconstruit l’envie d’écrire, en repartant des besoins de l’enfant.

. La rééducation de l’écriture doit se faire de façon ludique et sensorielle, en priorisant: le coloriage, le dessin, écriture dans des matières spécifiques (sable, farine, etc…).

. Et si on redonnait du sens? L’écriture n’est pas qu’un outil scolaire, c’est aussi un moyen de s’exprimer, d’extérioriser. Une forme de lien et de création avec les autres, mais aussi une compétence qui se construit dans le respect du rythme de l’enfant.

Quand on prend le temps d’écouter, de comprendre, d’adapter… alors souvent, le refus s’adoucit. L’enfant se sent de nouveau capable, reconnu et respecté.

Conclusion:

Si l’enfant refuse d’écrire, ce n’est pas un combat à mener contre lui, mais une invitation à explorer avec lui ce qui se passe. Ensemble, avec des professionnels formés et des outils adaptés, il est possible de lever les freins, de remettre du plaisir dans le geste.

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